CELLES ET CEUX QUI NOUS FONT AVANCER

05/02/2020 | Edito

 

Combien de fois n’entendons-nous pas, à propos de la Ferme « vous faites un travail remarquable », « quel beau projet », « oh ! c’est magnifique ! »…
Nous mentirions en disant que cela ne nous fait pas plaisir et que cela ne nous donne pas encore plus de cœur à l’ouvrage. Et puis, soyons honnêtes, oui, définitivement cette ferme est un beau, un grand, un magnifique projet et surtout c’est un projet qui grandit et qui dure depuis 36 ans. 

Si, au début de l’histoire ils étaient moins de 5, le jeune Benoît Ceysens en tête, à y croire, aujourd’hui notre entreprise emploie près de 200 personnes dont 145 travailleurs en situation de handicap.
Ces travailleurs sont notre première raison d’être, sans eux pas de Ferme Nos Pilifs, pas de jardiniers, pas de commerces, pas d’atelier bio, pas de ferme d’animation, pas de menuiserie, pas de tout ce qui nous constitue en fait.
Parce que ce projet a été pensé pour eux, construit avec eux, bâti avec leurs compétences et aussi leurs limites  et qu’il s’est développé au rythme de leurs besoins.

L’année dernière nous fêtions nos 35 ans, c’était l’occasion de mesurer le chemin parcouru et de prendre quelques temps de pause pour nous assurer que nous n’avions perdu personne en chemin, pour nous poser la question de l’adéquation de la Ferme aujourd’hui avec le projet initial.
Avec le développement de nos activités et le succès qu’elles rencontrent il est important pour nous de nous assurer en permanence que notre mission d’inclusion par le travail est compatible avec une réussite économique dont dépendent de nombreux emplois, qu’il s’agisse de ceux de personnes handicapées ou des encadrants. Il est donc essentiel pour nous de nous poser les bonnes questions chaque fois qu’une opportunité de marché s’offre à nous ou quand il est question d’agrandir ou de développer une section. Il est aussi crucial de ne pas surestimer les personnes que l’on encadre or cela pourrait nous arriver tant, pour certains d’entre nous, la notion de handicap devient floue en travaillant à leurs côtés.

Si la Ferme a grandi comme entreprise nous pouvons affirmer que nous aussi, les encadrants, moniteurs ou employés aux services généraux, nous avons grandi.

On ne sort jamais indemne d’une expérience humaine comme celle qui nous fait côtoyer au jour le jour des personnes différentes, extraordinaires pour qui les « conventions sociales », la « bien-pensance », le « politiquement correct » et la « langue de bois » ne veulent parfois pas dire grand-chose.
Elles nous bousculent souvent dans nos convictions, elles se moquent de nos préjugés, elles nous invitent à prendre un peu de champs, un peu de recul et à, parfois, considérer autrement ce que l’on tient pour acquis ou que l’on considère comme unique réalité.
Et, parce qu’on n’est pas tous bouddhistes, il faut bien admettre qu’il nous arrive de lever les yeux au ciel, d’avoir envie de leur dire d’aller plus vite, de faire mieux, d’être énervés d’avoir à répéter dix fois la même chose, de stresser quand on constate que le boulot a du retard, de n’en plus pouvoir d’entendre pour la millième fois la même histoire…et puis, après tout cela, une phrase sort, un geste arrive et tout semble remis à sa juste place.

Leurs différences nous enrichissent et elles nous ouvrent à d’autres possibles, d’autres manières de penser le monde, elles nous obligent aussi à revoir nos échelles de valeur. Elles nous font, parfois, laisser de côté notre tête pensante, rationnelle et privilégier ce qui se passe de mots, affectivement. Elles nous apprennent la patience aussi, elles nous forcent à reconsidérer notre rapport au temps, à la productivité.
Et c’est bien.

 

 

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